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Termes de recherche Google Ads : lire le rapport et poser les bonnes exclusions

Le mot clé dit ce qu’on voulait acheter ; le terme de recherche, ce qu’on a payé. Le rapport qui montre l’écart est le seul endroit où l’on voit la dépense réelle, à condition de le lire avec le bon critère.

Par Florent Bronchain 1 738 mots · environ 8 min

Schéma : un mot clé à gauche, l’éventail des termes de recherche qu’il a déclenchés à droite, triés selon leur coût et leurs conversions qualifiées en trois bacs (garder, observer, exclure), avec une part grisée de requêtes non affichées par le rapport.
Sommaire

Une campagne achète le mot clé « logiciel de paie ». Trois semaines plus tard, une partie du budget est partie sur « logiciel de paie gratuit », « formation logiciel de paie » et « offre d’emploi gestionnaire de paie ». Aucune de ces recherches n’a été choisie. Elles ont été servies par le système, et personne ne l’a vu, parce que personne n’a ouvert le rapport qui le montre.

Ce rapport, c’est celui des termes de recherche. C’est le seul endroit où l’on voit ce qu’on paie réellement, et beaucoup de comptes le consultent trop rarement, ou le lisent avec le mauvais critère.

Mot clé et terme de recherche : ce qu’on achète, ce qu’on reçoit

La distinction est posée par Google lui-même. Un terme de recherche est ce qu’un internaute saisit dans Google ou sur un site du Réseau de Recherche ; un mot clé est ce que l’annonceur ajoute à un groupe d’annonces pour indiquer où il veut apparaître.

Le mot clé est donc une intention d’achat formulée par l’annonceur ; le terme de recherche est la requête réelle qui a déclenché l’annonce. Entre les deux, il y a le type de correspondance, et c’est lui qui décide de l’écart. Tout le travail décrit ici consiste à mesurer cet écart et à le refermer là où il coûte.

Le rapport se trouve, selon l’aide, dans la vue Campagnes, sous « Insights et rapports », puis « Termes de recherche ». La colonne qui indique le mot clé auquel chaque terme a été rattaché est masquée par défaut : elle s’ajoute depuis le menu des colonnes, et c’est la première chose à faire.

Ce que font réellement les types de correspondance

Les trois types de correspondance n’ont plus grand-chose à voir avec une correspondance littérale. Leur définition actuelle repose sur le sens, pas sur les mots.

  • Requête large (aucun signe). L’annonce peut être diffusée pour des recherches « en rapport avec » le mot clé, y compris des recherches qui ne le contiennent pas. Google précise qu’elle doit être utilisée avec les stratégies d’enchères intelligentes.
  • Expression exacte (mot clé entre guillemets). L’annonce peut être diffusée pour des recherches qui ont la même signification que le mot clé.
  • Mot clé exact (mot clé entre crochets). L’annonce peut être diffusée pour des recherches associées à la même signification ou à la même intention.

Conséquence pratique : même un mot clé exact peut ramener des formulations qu’on n’a jamais écrites, dès lors que le système les juge équivalentes. Le rapport des termes de recherche n’est pas un contrôle réservé aux comptes en requête large ; il concerne tous les comptes.

Le choix du type de correspondance relève de la construction de campagne, abordée dans l’article sur la réussite d’une campagne Google Ads. Ici, on part de ce qui a été servi.

Pourquoi une partie des termes n’apparaît pas

Le rapport n’est pas exhaustif. L’aide l’écrit sans détour : les termes qui ne génèrent pas suffisamment d’activité de requête en sont omis, « afin de respecter nos normes de confidentialité des données ». Les insights sur les termes de recherche peuvent, eux, les regrouper en sous-thèmes ou sous « autres requêtes », sans les afficher un par un.

Deux conséquences d’organisation.

La première : la somme des lignes visibles ne correspond pas au coût total de la campagne. L’écart est la part payée sans voir les requêtes. Il mérite d’être suivi dans le temps : s’il grandit, la campagne s’étend vers des requêtes rares, ce qui arrive typiquement après un élargissement des types de correspondance.

La seconde : on ne peut pas exclure ce qu’on ne voit pas. Pour la part masquée, les seuls leviers restent en amont : la structure des mots clés, leur type de correspondance, et les exclusions préventives décrites plus bas.

Le bon critère de tri : le coût sans conversion qualifiée

La lecture spontanée du rapport consiste à repérer les termes « qui n’ont rien à voir ». Elle attrape les cas évidents (emploi, gratuit, tutoriel), mais elle laisse passer l’essentiel, et elle fait exclure à tort des requêtes qui paraissent éloignées mais convertissent.

Le critère qui tient est économique : combien ce terme a coûté, et qu’a-t-il produit en conversions qualifiées. Une requête qui semble hors sujet mais amène des demandes sérieuses reste ; une requête pertinente en apparence mais qui dépense sans jamais produire de contact utile se surveille, puis s’exclut.

Ce critère suppose un signal de conversion fiable. Si la seule conversion suivie est l’envoi d’un formulaire, tous les formulaires pèsent pareil, spam compris. Faire remonter dans Google Ads le statut que le CRM donne au contact (qualifié, rendez-vous, signé) est l’objet de l’article sur les conversions hors ligne. Sans ce signal, la revue des termes reste une affaire d’intuition.

Reste à fixer un seuil de décision. Il se raisonne à partir du coût par acquisition visé, pas à partir d’un nombre de clics.

Exemple hypothétique : un compte vise 80 € par lead qualifié et exclut un terme dès qu’il a dépensé deux fois ce montant sans en produire ; entre une et deux fois, le terme est mis en observation.
Terme de rechercheCoût sur la période Leads qualifiésDécision
devis logiciel de paie PME95 €1 Garder
logiciel de paie en ligne120 €0 Observer
logiciel de paie gratuit170 €0 Exclure

Le multiple retenu dans cet exemple est un choix d’équipe, pas une norme. Ce qui compte, c’est qu’il soit écrit et appliqué de la même façon à chaque revue.

Une routine de revue, pas une opération ponctuelle

Le rapport se lit à intervalle fixe, sur une période fixe. Une fréquence hebdomadaire convient aux comptes qui dépensent chaque jour ; une revue mensuelle suffit à un petit budget, à condition de regarder une période assez longue pour que les coûts par terme aient un sens. La revue tient en quatre étapes :

  1. Trier les termes par coût décroissant et ne traiter que le haut de la liste. Les termes qui ont coûté quelques euros ne justifient pas le temps passé.
  2. Pour chaque terme, appliquer la règle de décision : garder, observer, exclure.
  3. Repérer les termes qui convertissent bien sans être encore des mots clés : ils peuvent devenir des mots clés à part entière, avec leur annonce et, si besoin, leur page de destination.
  4. Noter dans un journal ce qui a été exclu, à quelle date et pourquoi. Sans ce journal, l’exclusion trop large posée il y a six mois ne sera jamais retrouvée.

Quand plusieurs personnes interviennent sur un compte, cette routine et son journal rendent le pilotage du référencement payant vérifiable : chacun peut relire pourquoi un terme a été coupé. Les requêtes de marque méritent un traitement à part, parce que leur arbitrage dépend aussi de la position organique ; c’est le sujet de l’article sur le chevauchement entre SEO et SEA.

Le comportement des mots clés à exclure

C’est là que naissent la plupart des erreurs, parce que les exclusions ne suivent pas la logique des mots clés positifs.

Selon l’aide, les mots clés à exclure ne s’étendent pas aux variantes proches. Ils tiennent compte de la casse et des fautes d’orthographe, mais les synonymes et les formes au singulier ou au pluriel sont à ajouter soi-même. Exclure « gratuit » n’exclut pas « gratuits » ; exclure « formation » n’exclut pas « cours ». Là où le mot clé positif s’étend par le sens, l’exclusion reste littérale.

Leurs trois types de correspondance ont aussi un sens propre :

  • Requête large, le type par défaut : l’annonce n’est pas diffusée si la recherche contient tous les termes exclus, dans n’importe quel ordre.
  • Expression exacte : l’annonce n’est pas diffusée si les termes apparaissent dans le même ordre, même entourés d’autres mots.
  • Mot clé exact : l’annonce n’est bloquée que si la recherche correspond exactement au terme, sans autre mot.

Le réflexe utile : exclure en requête large un mot isolé qui disqualifie à coup sûr (« emploi », « gratuit »), et exclure en mot clé exact une requête précise dont les variantes plus longues peuvent rester intéressantes.

Listes partagées et exclusions au niveau du compte

Ajouter les mêmes exclusions campagne par campagne finit toujours par produire des écarts. Les listes de mots clés à exclure règlent ce problème : une liste s’applique à plusieurs campagnes, et sa modification se répercute sur toutes. L’aide indique un plafond de 5 000 mots clés par liste et de 20 listes par compte.

Une organisation lisible repose sur quelques listes thématiques plutôt qu’une liste fourre-tout : « emploi et recrutement », « gratuit et téléchargement », « formation et tutoriel ». Chaque campagne reçoit celles qui la concernent, et une exclusion se retrouve facilement quand il faut la lever.

Il existe aussi une liste au niveau du compte. Elle s’applique automatiquement à l’inventaire Shopping et Réseau de Recherche éligible, se trouve dans la section « Mots clés à exclure » des « Paramètres du compte » et accepte jusqu’à 1 000 mots clés. Elle convient aux exclusions qui valent pour toute l’entreprise, quelle que soit la campagne : les termes de recrutement, par exemple.

Les campagnes Performance Max obéissent à d’autres règles d’exclusion ; elles font l’objet d’un article dédié au contrôle de Performance Max.

Les pièges qui coûtent

Exclure trop large. Un mot isolé exclu en requête large bloque toutes les recherches qui le contiennent. Exclure « prix » parce qu’une requête sur les tarifs d’un concurrent a mal tourné coupe aussi « prix logiciel de paie », qui est souvent une requête d’achat. Avant d’exclure un mot seul, chercher dans l’historique du rapport les termes qui le contiennent et qui ont converti.

Croire qu’une exclusion couvre les variantes. Une exclusion posée au singulier laisse passer le pluriel. Les termes qui reviennent sous une autre forme à la revue suivante sont souvent là pour cette raison.

Juger sur la pertinence ressentie. Une requête qui « n’a rien à voir » mais convertit vaut mieux qu’une requête évidente qui ne produit rien.

Exclure sans journal. Une exclusion oubliée peut freiner une campagne pendant des mois. Dater chaque ajout et revoir les listes chaque trimestre limite ce risque.

La part invisible

Une revue impeccable des lignes affichées ne dit rien des requêtes masquées. Suivre l’écart entre coût total et coût visible reste le seul indicateur sur cette part.